Distilleries de liqueur de plantes et maison de la Chartreuse à Voiron
Voiron sent la plante. Pas au sens figuré, ou pas seulement : certains jours, quand le vent tourne du bon côté, on devine dans l'air quelque chose d'herbacé, de légèrement sucré, qui ne trompe pas les habitués.
La ville vit avec la Chartreuse depuis près d'un siècle. Les caves y sont installées depuis 1935, après le glissement de terrain qui avait ravagé la distillerie de Fourvoirie. On pourrait croire que tout se résume à ce nom. Ce serait passer à côté d'un savoir-faire plus large : macération, distillation, vieillissement en foudre, assemblage. Autour de Voiron, tout un artisanat s'est construit sur ces gestes, entre grandes maisons et producteurs plus discrets.
Cette page réunit les distilleries, caves et maisons de liqueurs de plantes du secteur. Vous cherchez à visiter, à acheter directement au producteur ou à commander pour une boutique ou un restaurant ? Vous êtes au bon endroit.
La Chartreuse, une liqueur qui ne ressemble à aucune autre
Commençons par l'évidence, puisqu'il faut bien en parler.
La Chartreuse est élaborée par les moines chartreux à partir d'un manuscrit confié à l'ordre en 1605. Cent trente plantes, racines, écorces et fleurs entrent dans sa composition. Combien de personnes connaissent la recette complète ? Deux moines, pas un de plus. Le reste relève de la légende, et la maison entretient ce mystère avec un certain talent, il faut le reconnaître.
Ce qu'on sait, en revanche, c'est ce qu'on trouve dans le verre :
- La Chartreuse verte, à 55 %, puissante, presque médicinale au premier abord, puis étonnamment fraîche ;
- La Chartreuse jaune, à 43 %, plus ronde, plus miellée, souvent celle qu'on conseille pour une première découverte ;
- L'Élixir végétal, à 69 %, vendu dans son petit flacon gainé de bois, qui se prend à la goutte, sur un sucre.
À ces trois classiques s'ajoutent les cuvées V.E.P., vieillies plus longuement, et des éditions ponctuelles qui font le bonheur des collectionneurs. Leurs prix ont d'ailleurs pris une sacrée envolée ces dernières années.
Les caves de Voiron : ce qu'on y voit vraiment
Depuis 2018, la distillation se fait à Aiguenoire, à Entre-Deux-Guiers, au pied du massif. Voiron n'a pas perdu pour autant son rôle. C'est là que la liqueur vieillit, dans des caves souvent présentées comme les plus longues du monde pour une liqueur, et c'est là que le public est accueilli.
La visite vaut le détour, même pour ceux qui ne boivent pas. Les foudres de chêne, alignés dans la pénombre, ont quelque chose d'impressionnant. Le plus grand dépasse les 20 000 litres. On ressort avec une idée beaucoup plus juste du temps qu'il faut, car tout se joue sur des années et non sur quelques semaines.
Petit conseil de terrain : en été et pendant les vacances scolaires, réservez. Le créneau qu'on pensait trouver sur place est souvent complet.
Au-delà de la Chartreuse : les autres liqueurs de plantes du pays voironnais
Le Dauphiné a une vraie culture des plantes de montagne. Génépi, gentiane, verveine, serpolet, mélisse, bourgeons de sapin : la liste est longue, et chaque producteur a sa manière de les travailler.
Certaines distilleries artisanales du secteur cueillent elles-mêmes, ou travaillent avec des cueilleurs locaux. D'autres misent sur l'assemblage, à partir de matières premières sélectionnées. Les deux approches donnent de beaux produits. Simplement, ce ne sont pas les mêmes.
Ce qui fait la différence, en pratique :
- la méthode d'extraction : macération à froid, infusion, distillation au alambic, ou un mélange des trois ;
- le taux de sucre, qui transforme radicalement une liqueur, parfois au détriment de la plante ;
- le vieillissement, en cuve inox ou en fût, plus ou moins long ;
- la provenance des plantes, un critère que les meilleurs producteurs affichent sans se faire prier.
Un génépi trop sucré, on en a tous goûté un. Ça masque tout. Un bon génépi, lui, laisse en bouche une amertume nette, presque minérale, qui dure.
Acheter à la distillerie ou chez un caviste ?
Les deux se défendent.
À la distillerie, vous goûtez avant d'acheter, vous échangez avec ceux qui fabriquent et vous accédez parfois à des cuvées qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Chez un caviste spécialisé, vous comparez plusieurs maisons d'un coup. Pour un cadeau, c'est souvent plus pratique, honnêtement.
Professionnels : restaurateurs, bars, épiceries fines
Les liqueurs de plantes ont retrouvé une place de choix dans les cartes de cocktails. La Chartreuse verte est même devenue un incontournable des bars à cocktails, de Paris à New York, avec des classiques comme le Last Word qui l'ont remise au goût du jour.
Plusieurs producteurs listés ici proposent des conditions professionnelles : tarifs adaptés, formats spécifiques, parfois des formations à la dégustation pour les équipes en salle. C'est un vrai plus quand on veut conseiller correctement un client qui découvre.
Pour les épiceries fines et les boutiques de produits régionaux, un génépi ou une liqueur de gentiane d'un petit producteur du coin se vend souvent mieux qu'une grande marque. Le client veut une histoire, un visage, un lieu. Le pays voironnais en a à revendre.
Tout dépend de ce que vous venez chercher.
Pour une sortie en famille ou entre amis, privilégiez les maisons qui proposent une visite guidée avec dégustation et vérifiez les horaires, qui varient beaucoup selon la saison. Pour un achat réfléchi, regardez du côté des distilleries artisanales qui détaillent leurs méthodes. Une maison qui explique comment elle travaille n'a généralement rien à cacher.
Et si vous hésitez entre deux adresses, allez voir les deux. Voiron, Saint-Laurent-du-Pont, Entre-Deux-Guiers : tout est à portée de route, avec le massif de la Chartreuse en toile de fond. Il y a pire comme programme pour une journée.
Parcourez les fiches ci-dessous, comparez, et contactez directement les producteurs. Ce sont eux qui en parlent le mieux.
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.